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7. Facture de la canicule.

  • curioche
  • 11 déc. 2025
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 17 déc. 2025

11-16 Août de l'an 03.


On dit, et c'est vrai, que les murs en pierres emmagasinent les rayons du soleil et qu'ils en restituent sa chaleur, le moment bienvenu, quand son manque devient sensible.


Si les nuits de cette semaine caniculaire d'Août 2025 n'avaient pas frôlé les 30 degrés, il est sûr que nous aurions prouvé avec une certaine aisance les deux étapes de ce phénomène. Or, le manque ne se fit jamais sentir, rendant, à toute heure de la révolution terrestre, aussi assommant le pied d'un mur en pierres que l'ombre d'un arbre en terre.

En revanche, imaginez que ces dits murs en fassent de même avec les rires ; cette cocasse expression sonore et on ne peut plus éloquente de la chaleur humaine... Alors, cette semaine de chantier collectif aura immanquablement comblé ceux des terrasses de la Möche et nous en profitons encore, plusieurs mois après, chaque fois que le silence de la Durolle redevient majeur.


Car il fallait les voir, ces grandes tablées délicieusement garnies par les équipes "bien-être" (1), midis et soirs, au R-2, à l'ombre du dernier bouquet d'ailanthes épargné, justifiant au passage leur sauvegarde risquée.

Il fallait la voir, trois étages plus bas, l'équipe des charpentistes (2) œuvrer à la création, et essentiellement à la main, d'une plateforme qui accueillera les gogues les plus désirables du Puy de Dôme (la vue imprenable sur ce dernier participant grandement à la désirabilité du lieu (3) ! ).

Il fallait la voir aussi, cette ruelle, emplie de pierres délicatement déposées du muret avant qu'elles ne le soient par le temps. Les voir, sous des parasols accrochés aux échelles, les quelques téméraires remontant, de pierres choisies en pierres espérées, et au rythme des bétonnières de chaux, cette frontière physique qui sépare la rue Anna Chabrol de la Möche, et que l'on s'est évertué à rendre un peu moins hermétique, grâce à la désormais us-nommée "fenêtre à coucou".

Et il fallait la voir, au pied de la Tour de Coagne et au son de ses machines étincelantes, l'équipe des métallistes s'affairer à transformer le rebut, le récupéré, le rouillé, en équerres aussi brillantes que complexes, pour les étagères de la future cuisine.

Car il fallait la voir, cette cuisine, jadis emblème de l'amochage de cette maison, gagner 25 cm de hauteur sous plafond, et retrouver sa pierre, son bois, son âme, délestée des couches successivement collées sur toutes ses faces avec une application à rendre jalouse une pâte feuilletée. Dans cette ruche manœuvrière, rebouchant trous dans les murs et plafonds, tirant gaines électriques, peignant, posant faïence, évier, et construisant meubles en tout genre et surtout en récup', il fallait la voir naître, cette nouvelle cuisine inspirée de son emplacement d'origine (et pour le moins logique) le long du mur Nord, et qui nous laisse d'ores et déjà imaginer pléthore d'usages pour le reste de la pièce.


"Tout ça ?", vous dites vous ? Oui, tout ça, nous vous disons.

"Et dans la bonne humeur ??" Oh que oui ! Vous n'entendez pas ?!


Car attendez, ce n'était pas tout ! Il fallait la voir, le dernier soir, cette place Saint Jean, d'ordinaire jonchée de bagnoles et de containers à poubelles, devenir en un temps record, à grands coups de bénévoles à l'heur de célébrer leur labeur, le théâtre d'une fête de village, douce, conviviale, engagée, et talentueuse.

Il fallait les voir, ces ombres de saxophonistes danser sur l'église du bon Jeannot le Baptiste.

Les voir, ces humains s'exprimer avec leurs tripes (4), devant leurs congénères, avides d'émancip' !


Alors merci à toutes et tous, pour cette semaine loin d'être anodine.

Pour votre énergie, votre patience, vos rires, que l'on entend encore lorsque l'on jardine.


On dit, et c'est vrai, qu'il y a des sensations que l'on n'oublie pas. Celles qui nous disent que l'on est au bon moment au bon endroit. Celles qu'il nous arrive de ressentir des mois, des années plus tard, poignant là, maintenant, on ne sait exactement pourquoi.

Peut être en se promenant le long d'un mur en pierres, ma foi.




(1) Chaque jour, deux à trois personnes étaient détachées en cuisine pour assurer la teneur en calories (et en réconfort) des âmes bricoleuses.

(2) Permettez-nous ici une tentative qui consisterait à inventer des mots neutres, d'une part par souci d'inclusivité, à laquelle on tient, et d'autre part par économie de signes de ponctuation, parmi lesquels il arrive que l'on se perde. Mais ce n'est pas dit qu'on soit encore au point...

(3) Lieu-dit "Le mur à pêches".

(4) Le groupe de musique ISP - Incessamment Sous Peu : https://ispisp.bandcamp.com était ce soir-là là pour nous le prouver.

 
 
 

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